Donnons la parole aux plus exclus

Seul un développement qui n’oublie personne est durable

Justification du choix de la zone de manifestation :
Pourquoi le choix d’un quartier précaire ?

Au Cameroun, la représentation des quartiers implique le plus souvent une stigmatisation de la population qui y réside. L’exode rural, la non maitrise des espaces géographiques et des politiques d’urbanisation, sont à l’origine de l’extension anarchique des villes. De ce fait, le label « quartiers précaires » est un concept qui tend à marginaliser les modes de vie de certains acteurs locaux. Cette journée se tient donc dans un contexte où les quartiers précaires sont le plus souvent victime de marginalisation et discrimination.

Programme de la Journée

De l’éducation des élèves à l’appropriation des concepts clés de la Journée Mondiale du Refus de la Misère :
Un éveil de conscience favorable à l’engagement citoyen des jeunes

Un ancien président africain disait dans un discours que : « l’éducation est l’arme la plus puissante qui puisse changer le monde ». C’est aussi un vecteur par lequel on peut briser les barrières et construire un monde où chacun ne sera laissé pour compte. C’est pour cette raison que pour célébrer une journée aussi importante dans un contexte local marqué par des clivages, des clichés et des étiquettes autour du label pauvre, nous avons adopté une approche inclusive faisant intervenir les instituteurs, les élèves et leurs parents.

La méthodologie d’exposé s’est appuyée et courtes phrases sur une analyse d’un ensemble de trente concepts relatifs à la Journée du 17 octobre. Ensuite les élèves ont pu les mettre en pratique dans une mise en scène de geste sur la solidarité, la lutte contre la stigmatisation et la marginalisation, le respect de tout un chacun et le sens du partage. Par ailleurs, l’objectif de travailler avec les élèves dans une perspective progressiste pour ces derniers est de les transformer au quotidien en de véritable ambassadeurs du combat contre la misère dans leur société.

Dès lors, deux intérêts majeurs se sont dégagés lors de cette séance de travail avec les élèves et les instituteurs.

Le premier intérêt est celui de la diffusion du contexte, la justification et le rôle de la Journée Mondiale du Refus de la Misère en milieu local.
Cette diffusion passe nécessairement par une compréhension du combat mené par le père Joseph Wresinski pour les personnes marginalisées. C’est donc un appel à agir face à l’urgence de la misère et la pauvreté. C’est une nouvelle approche humaine qui a pour but d’impulser une dynamique sociale individuelle ou collective dans la lutte contre toutes formes de discrimination, d’exclusion, de clivages dans la société. C’est une action dans la promotion des droits humains et le respect de la dignité de toute personne quels que soient son origine, sa couleur de peau, son ethnie. Bref il s’est agi de transformer les enseignants en instituteurs citoyens engagés dans le combat pour la réconciliation de la famille humaine à travers la solidarité, l’entraide, et l’humanisme comme valeur et principe de vie.

Le deuxième intérêt est sa pertinence en milieu local.
Au Cameroun, la précarité sociale est perceptible qu’on se situe en milieu urbain ou rural. L’inégalité d’accès aux besoins sociaux de bases est une réalité indéniable. La stigmatisation des personnes vulnérables s’observe au travers des indicateurs qui présentent leurs conditions de vie. Ainsi la Journée Mondiale du Refus de la Misère se pose comme un moyen de mobiliser les acteurs locaux dans la transformation du lien social parmi les hommes. Il s’agit de transiter d’un lien inégalitaire vers un lien social inclusif beaucoup plus coopératif et de solidarité. C’est pour cette raison que nous avons introduit dans notre programme les échanges avec les acteurs locaux, afin de les écouter, de comprendre leurs moyens de résiliences à la misère, les stratégies qu'ils mettent sur pieds pour faire face à la pauvreté. A travers le slogan retenu par l’association pour cette journée (« donnons la parole aux exclus ») les échanges ont portés sur deux axes : le respect des droits et la dignité humaine et comment supprimer dans les imaginaires le label et les étiquettes liés à la pauvreté, à la discrimination, aux inégalités. A cet effet au terme de ces échanges, il semble donc évident que l’approche participative et inclusive de tous les acteurs locaux est nécessaire dans la mise en œuvre des projets visant à atteindre les Objectifs du Développement Durable. Par ailleurs, il est important de prendre en compte dans cette approche l’apport de l’éducation des jeunes susceptible d’influencer leur engagement citoyen.

Texte de Rap écrit par un volontaire de l’Association
à l’occasion de la Journée Mondiale du Refus de la Misère

"Stop pauvreté"

S’il y en a pour un, il y en a pour deux
S’il y en a pour deux, il y en a pour eux
S’il y en a pour nous, il y en a pour vous
L’union fait la force, ne l’oublie jamais
La main sur le torse, pensons à demain
Chassons l’avarisme car qui donne reçoit
Arrêtons d’être égoïste et ne penser qu’à soi
A la discrimination disons tous ‘’Non’’
Et à toutes ces victimes demandons ‘’pardon’’
Au travail, mettons-nous avec beaucoup d’ardeur
Détermination pour mettre fin à tous ces pleurs
Faisons tous pour marquer notre passage
En venant en aide à ceux qui vivent dans la misère.
Vivons dans la joie, l’harmonie aussi
Restons dans la voie, pendant que l’on vit

Refrain :
Enfants du monde ! Enfants d’Afrique
Si nous voulons vraiment combattre la pauvreté
Que celui qui a un peu, donne à celui qui n’a pas
Que celui a un peu, donne à celui qui n’a pas.

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Nous vous encourageons à lire l'entier du rapport, en pièce jointe!