J'ai toujours eu pour envie de m’unir avec les plus démunis
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Gbetnkom A. a été étudiant en architecture en République Démocratique du Congo (Kinshasa) de 2010-2016. Il a toujours eu pour envie de s’unir avec les plus démunis pour leur permettre un lendemain meilleur. Depuis novembre 2016 il est à nouveau résident permanent au Cameroun, son pays natal.

« Au grand regret mon attention est portée sur la grande précarité que vit une majeur partie des jeunes, pourtant se trouvant dans la capitale Kinshasa.

Laissez-moi vous expliquer ce qu’il en est: le phénomène dit "shegue" ou "kuluna" est très récurent, où l’on voit des jeunes, surtout des fils de soldats décédés, qui n'ont plus moyens d’être scolarisés et se lancent déjà à l’âge de 10 ans dans diverses activités malsaines. Comment leur éducation sera assurée s’ils sont déjà dans la rue?

L'autre phénomène observé c'est des cas de parents qui, sous l'influence du pasteur de leur église, arrivent à renier leurs enfants disant qu'ils sont des sorciers et sources de divers malheurs. Ils sont directement expulsés de la famille. Quel est le sort de ces enfants?

J'aimerais partager plus sur mes expériences avec ces enfants que je fréquente tous les jours et qui sont devenus mes compagnons. Ma présence envers ces jeunes est premièrement pour un soutien affectif et social et ma rencontre est faite d'une manière solidaire puisque ces enfant font déjà de petits efforts en se débrouillant dans les commerces de rues (ventes d’eau et jus).

De retour au Cameroun je poursuis avec la même ambition; nous sommes regroupés en un groupe d’amis au nom de UNIS POUR LE BIEN.

« Personne ne choisit de vivre dans la misère »

Le 17 octobre 2018 nous avons commémoré dans un village la Journée mondiale du refus de la misère. Notre objectif était de sensibiliser et se rendre compte de l’extrême situation que vit la population.

Non-scolarisation

Seul 30% des enfants ont franchi le cycle primaire, par manque de budget pour les frais scolaires. Différents échanges avec les parents ont relevé que la polygamie aussi joue un rôle, car à l’âge de 50 ans un homme peut prendre encore une épouse. Mais l’espérance de vie étant de 65 ans, la plus jeune épouse se trouvera veuve après quelques années de mariage, avec des enfants à sa charge, mais ne pouvant subvenir à leurs besoins ils vont donc se trouver dans l’impossibilité de terminer des études primaires.

Un autre facteur est que la seule activité est l’agriculture pour l’autoconsommation, qui permet uniquement de pouvoir se nourrir, les efforts physiques fournis juste pour survivre.

Non accès aux soins primaires et non accès à l’eau potable

La population ne peut se permettre du privilège de se déplacer de 15 km pour un centre de santé adéquat, alors que les mauvaises conditions de vie entraînent dans la localité des cas fréquents de choléra et autres maladies.

L’eau potable manque puisque le village n’est pas alimenté; la population se débrouille par des sources de ruines construites par regroupements de quartier et la même eau sert dans toutes les taches du ménage.

Le manque d’eau potable résulte de la très grande distance d’approvisionnement entre la source et le ménage. Principalement activité pour femmes et enfants, ils doivent marcher pendant des heures pour chercher l’eau potable en portant des réservoirs très lourds avec risque de contamination en chemin.

Quelques recommandations

Au constat de différents cas nous avons discuté quelques recommandations avec les groupes de femmes pour palier sommairement à cette situation, entre autres :

  • Regroupement en ‘Groupement d’Initiative Commune’ pour une agriculture qui permette de produire plus. Des stratégies doivent être mises en œuvre pour une réorientation des systèmes agricoles visant à privilégier le développement durable.

  • Organiser périodiquement des séminaires de conservation et traitement des eaux.

  • Sensibilisation sur l’importance de l’éducation pour enfants.

  • Soutien au centre médical de la place.