Gutera intererano, Prêter main forte !
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Prêter main forte, ce n’est pas juste du soutien, c’est de l’amitié.

Des jeunes attentifs à l’autre, à celui qui est son voisin, créent des liens et apportent du soutien à une famille qui vit une situation très difficile. Les efforts de la famille sont rejoints par ceux des jeunes. Un esprit à reproduire et qui donne de la force.

« Gutera intererano » est une expression en langue kirundi qui signifie « prêter main forte » ou « le fait de soutenir ». Ainsi, soucieux de continuer dans leurs engagements aux côtés des personnes écrasées par la souffrance de la misère, quelques jeunes du Mouvement Tapori venant de Bukavu (RDC) se trouvant à Bujumbura pour la raison d’études se sont joint dans l’activité susnommée.

Papa M. est un maçon depuis son jeune âge. Après les événements politiques qui ont frappé le Burundi, toutes les initiatives économiques locales ont été paralysées et plusieurs personnes en sont tombées victimes. Papa M fait aussi partie de ces personnes-là. Sa famille souffre terriblement. Et lui-même sa santé est présentement très précaire. Papa M ne sait à quel saint se vouer pour arriver à faire vivre sa famille. Depuis deux mois maintenant, malgré son amaigrissement, il mobilise sa femme et ses enfants à l’aider lorsqu’il trouve un chantier. Ses enfants préparent la patte de la boue qui sert du ciment, sa femme fait le transport et lui construit. Ses enfants n’étudient pas. Cela fait deux semaines que sa femme et certains de ses enfants sont allés au village pour cultiver. Lui est resté avec trois enfants trop petits. Pendant ce moment il ne travaille pas car il doit s’occuper de ses enfants.

Papa M habite au côté de Christian, un jeune du Mouvement. Celui-ci suivant toute cette situation avec attention, il l’a partagé à ses amis du groupe du Mouvement au Burundi. C’est ainsi qu’en avril, lui et Freud, Saleh, Henry, David ont décidé d’aller visiter Papa M. et le soutenir dans cette activité en jouant le rôle que ses enfants et sa femme jouaient. Après le travail, Papa M. a dit « je suis très touché de cet acte que vous posez à mon endroit. Ce chantier je suis en train de le travailler parce que j’ai un litige du propriétaire pour 20kgs de farine. Mon épouse l’avait obtenu quand j’étais malade et je ne pouvais pas travailler. En compensation je dois travailler son chantier. Le dos commence à me faire mal parce que je dois préparer la boue, la transporter et construire. Merci que vous m’ayez aidé. Si tous les autres jeunes étaient comme vous le monde peut changer ».